LES ACTUALITES AUSTRALIENNES EN 2005

REGIONAL

 

Le 17 DECEMBRE : Vers une mondialisation des émeutes ? (Source : "tdg.ch")

Les émeutes qui embrasent les banlieues sud de Sydney ont des causes propres à l'Australie mais que l'on retrouve aussi dans tous les pays développés..

L'image de l'Australie diffusée par les média est flatteuse. Voilà un pays démocratique, hautement civilisé, avancé scientifiquement et dont la population cultive un aimable hédonisme à base de surf et de planche à voile.

Les actuelles émeutes qui embrasent les banlieues sud de Sydney (lire aussi ci-dessous) nous prouvent que les clichés sont définitivement trompeurs.
L'événement est d'autant plus intrigant que les immigrés provenant des pays islamiques - ce sont eux qui étaient visés - ne constituent qu'une faible minorité.
En effet, l'Australie ne compte qu'environ 300 000 musulmans pour 20 millions d'habitants. A titre de comparaison, la Suisse dénombre 200 000 résidents issus des pays islamiques pour 7 millions d'habitants.
Les racines de cette violence sont à chercher à la fois dans l'Histoire et dans l'actuelle mondialisation.

Comme le relève l'anthropologue française Fabienne Galangau-Quérat dans un texte consacré à l'Australian Museum, dès sa création en 1901, la Fédération australienne a mené "une politique blanche (. . .) pour lutter contre l'immigration non-européenne et fonder une communauté australienne sur une même appartenance raciale".
Ce qui explique les discriminations qui frappent les Aborigènes, les premiers véritables Australiens, mais aussi les difficultés qu'éprouvent les nouveaux venus non-européens à être intégrés.

Comme en France ?

Cela dit, les émeutes de Sydney risquent d'éclater dans toutes les grandes villes des pays développés. Même si elles paraissent très différentes, celles que vient de connaître la France ont aussi pour cause l'échec du "vivre ensemble".
Nous assistons donc à une sorte de "mondialisation " des émeutes, qui suit l'évolution de la mondialisation tout court.
Les échanges commerciaux et financiers intenses qu'elle produit profitent actuellement aux pays traditionnellement industrialisés et aux nations dites "émergentes" comme l'Inde, la Chine et le Brésil notamment.
En revanche, les populations des Etats d'Afrique mais aussi d'autres régions d'Asie ou du Proche-Orient poursuivent encore plus rapidement leur descente dans la misère. Tant que cette situation durera, les pauvres de ces pays n'auront qu'une solution, tenter de s'introduire dans les Etats riches où ils grossiront les rangs des chômeurs et des laissés-pour-compte. La situation est alors mûre pour créer les incompréhensions, les rancoeurs mutuelles, les agressions et les représailles.
L'enjeu est de taille : La maitrise des flux de population entre le Sud et le Nord commence par le traitement équitable des économies des Etats pauvres.

L'engrenage de la violence

L'engrenage a commencé au début de ce mois près de Sydney. Deux sauveteurs bénévoles ont été agressés pour des raisons peu discernables par des jeunes provenant des faubourgs de la grande cité australienne, faubourgs qui, comme les banlieues de Paris, accueillent des populations immigrées d'origine arabe, africaine de l'Est ou asiatique.
Dimanche dernier, 5 000 personnes ont manifesté contre cette agression sur la plage de Cronulla, située à 26 kilomètres au sud de Sydney. Noyautée par des groupes néo-nazis qui ont aisément manipulé un grand nombre de participants ivres, cette manif a dégénéré en agression d'estivants arabes ou présentant les mêmes caractèristiques physiques. Une femme portant le voile a été, notamment, molestée. Des slogans racistes et nationalistes d'une violence rare ont été proférés durant toute la nuit de dimanche à lundi.
La police a pu rétablir l'ordre à grand-peine. Et provisoirement. Premier bilan : une vingtaine d'arrestations et une trentaine de blessézs. Dans la nuit de lundi à mardi, une autre émeutea éclaté toujours dans les faubourgs au sud de Sydney. En représailles aux violences des néo-nazis de la veille, des groupes de jeunes d'origine immigrée ont lancé des pierres contre les policiers, détruit une quarantaine de véhicule, vandalisé des boutiques.
Dans un quartier nommé Lakemba qui est habité par une majorité de musulmans, 500 jeunes ont érigé une barricade pour protéger la mosquée qu'ils disaient être menacée. Après quelques heurts, les policiers ont pu démanteler le barrage. Second bilan : onze arrestations et sept blessés.

Devant la gravité de la situation, les députés de la Nouvelle-Galles du Sud -l'un des six Etats composant la Fédération australienne et dont Sydney fait partie - ont été convoqués d'urgence afin de se prononcer sur l'extension des pouvoirs de la police en matière de maintien de l'ordre.

Récemment, le gouvernement australien (conservateur) a mis en garde la population contre des menaces terroristes provenant du Proche-Orient. En effet, l'aide accordée aux Etats-Unis par l'Australie à la guerre en Irak a fait de ce pays l'une des cibles d'Al-QaÏda.
En novembre dernier, 17 suspects avaient été arrêtés dans le cadre d'une enquêtre visant le terrorisme proche-oriental. Des lois ont été votées il y a peu pour renforcer les mesures de lutte contre les attentats et leurs préparatifs.
Ce climat a-t-il joué un rôle dans l'actuelle flambée ? Le premier Ministre John Howard le conteste farouchement.

Le 14 DECEMBRE : Australie : La police tente de contenir les émeutes (Source : "ledevoir.com")

Plus de 450 policiers, quatre fois plus que les effectifs habituels, ont été déployés hier dans les rues de Sydney pour prévenir une troisième nuit de violence à connotation raciale. A la tombée de la nuit, on ne signalait aucun incident dans la banlieue de la grande cité australienne. Le Parlement de la Nouvelle-Galles du Sud se réunira en session extraordinaire demain pour donner à la police des pouvoirs spéciaux.

Les troubles ont commencé dimanche lorsque 5 000 personnes ont attaqué des jeunes d'origine proche-orientale sur la plage de Cronulla Beach.
Des jeunes gens ivres, parfois drapés dans des drapeaux australiens, ont expliqué qu'ils défendaient la plage après l'agression de sauveteurs par des personnes "d'origine libanaise".

Le 14 DECEMBRE : Australie : "Non au racisme, oui au respect de chaque homme" Appel du cardinal Pell (Source : "zenit.org")

Le 12 DECEMBRE : Australie : Nouvelles violences raciales à Sydney (Source : "tsr.ch")

De nouvelles violences ont éclaté lundi soir dans la principale ville australienne, Sydney, faisant au moins un blessé et des dégats, selon plusieurs témoignages.

La veille, des émeutes à caractère raciste avaient déjà fait une trentaine de blessés.
Le centre commercial de Cronulla Beach, dans le sud de Sydney, a été la cible de casseurs, de même que de nombreuses voitures de riverains, a rapporté la radio locale 2GB.
Evoquant un "chaos" indescriptible, un reporter a fait état "de voitures aux vitres totalement brisées et de rues "bloquées". Selon lui, la police a arrêté cinq personnes.

Contre-attaques sur des voitures

Un riverain a quant à lui déclaré à l'agence de presse "Australian Associatess Press" qu'une cinquantaine de voitures conduites par des gens originaires du Moyen-Orient avaient débarqué dans le quartier. Certains hommes sont sortis des véhicules et ont commencé à détruire toutes les voitures sur leur passage avec des battes de base-ball, a-t-il dit.
Au moins une personne blessée gisant à terre sur le bord de la route a été vue par des reporters, qui ont aussi entendu des couups de feu près d'un hôtel.

Attisé par les néo-nazis

Dimanche, plus de 5 000 personnes se sont rassemblées sur la plage de Cronulla pour protester contre l'agression dimanche dernier de deux sauveteurs bénévoles par un groupe de jeunes des banlieues. La manifestation a tourné à l'agression d'estivants d'origine arabe ou jugés comme tels.
Agitant des drapeaux australiens et entonnant des chants racistes, des groupes de jeunes, ivres pour la plupart, s'en sont alors pris à des passants. La police de Nouvelles-Galles du Sud a fait savoir qu'un groupe de néo-nazis avait attisé la colère de la foule.

Coups de couteau, de battes de baseball et voitures détruites

Six policiers anti-émeutes ont été blessés ainsi que deux ambulanciers au cours des heurts qui ont suivi et entraîné des représailles de la part d'une soixantaine de jeunes des banlieues voisines. Deux personnes ont reçu des coups de couteau et plus de 40 voitures ont été endommagées à coup de battes de baseball. La police a procédé à 16 interpellations.
Deux autres plages, celles de Marouba et de Botany Bay, ont été le théâtre d'incidents similaires. Selon la police, un homme a en outre été poignardé dans le dos dans une banlieue du sud de Sydney.

Eviter le tribalisme

"Attaquer les gens en raison de leur race et de leur appartenance érhnique est totalement inacceptable et les Australiens devraient rejeter ces actes, quels que soient leur origine et leur appartenance politique" a déclaré lundi le Premier ministre John Howard. Mais, a-t-il assuré, "je ne crois pas qu'il y ait un racisme sous-jacent dans ce pays".
"Il est important que nous réaffirmions notre respect de la liberté de religion dans ce pays, mais il est tout aussi important que nous mettions davantage l'accent sur l'intégration des gens dans la société dans son ensemble, afin d'éviter le tribalisme", a-t-il ajouté.

Tensions exacerbées par les médias

Le Premier ministre de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud Morris Iemma a lui estimé que ces violences trahissaient la "face hideuse du racisme en Australie"."J'ai vu hier des gens se réfugier derrière le drapeau australien ; ce sont des lâches dont l'attitude ne sera pas tolérée", a-t-il déploré.
Des représentants de la communauté musulmane ont quant à eux dénoncé une campagne de haine raciale portée à ébullition par des médias qui ont ethnicisé l'agression de dimanche dernier. "Les Arabes d'Australie connaissent la calomnie, le racisme, l'insulte et la peur des représailles raciales depuis plusieurs années", a estimé le président du Conseil arabe d'Australie Roland Djabbour.

 

Le 6 FEVRIER : Le sud de l'Australie brûle (Source : "liberation.fr")

Il ne reste rien à Bob Arthur, qui vivait dans un camp de caravanes près de Port Lincoln, dans la péninsuled'Eyre, dans le Sud de l'Australie.
La nouvelle compagnie, créée conjointement avec Temasek Holdings, une émanation de l'Etat singapourien et deux hommes d'affaires de la ville-Etat, commencera à fonctionner cette année en desservant les villes d'Asie situées dans un rayon de cinq heures de vol de Singapour.
Qantas lancera aussi en mai une compagnie "low-cost" australienne, Jetstar, pour des dessertes régionales. Elle détient en outre Australian Airlines qui dessert des villes asiatiques pour un coût inférieur à sa maison mère.
Pour ce qui concerne la compagnie singapourienne, l'investissement de départ s'élève à 100 millions de dollars australiens (60 millions de dollars américains). Qantas détiendra 49,9 % de la compagnie, Temasek 19 % et les hommes d'affaires Tony Chew et F.F. Wong respectivement 21,1 et 10 %.
Grâce à leur succès en Europe et aux Etats-Unis, les compagnies low-cost commencent à concurrencer les compagnies traditionnelles asiatiques comme Singapore Airlines et Malaysian Airline System ...